C'est marrant comme un clou chasse l'autre.

Après l'article sur la presse papier qu'internet tue, voici le tour de la presse en ligne que free tue. Avant le débat, un petit résumé des épisodes précédents ...

Hier, free a déployé une mise à jour de la freebox server HD sobrement numérotée 1.1.9. Outre les habituelles corrections de bug, cette mise à jour contient une nouvelle fonctionnalité :

Ajout d’une option adblocker permettant de bloquer des publicités (bêta)

Les articles qui sont parus, par exemple chez Numerama ou Freenews (ces derniers étant pourtant des authentiques fans de free) ne sont pourtant pas si élogieux que ça ... Pour une raison assez logique : ces sites "d'information" vivent uniquement de la publicité. Or c'est précisément cette publicité qui est bloquée par free. Du coup, c'est la bronca, et même le #AdGate comme le souligne FreeNews. Et, reprenant à son compte une tradition Sarkoziste, la ministre de l'internet marchand et publicitaire se saisit du problème :

https://twitter.com/aheritier/status/286920650550046720

Pourtant ...

Pourtant ...

Un bloqueur de publicité, ca fait bien longtemps que j'en ai un ou deux (Adblock+ et Ghostery) installés dans mon Opera/Firefox/Chrome. Et personne n'est venu me dire que je tuais le gentil internet marchand au profit de ces crypto-fascistes de (au choix) LinuxFr, JavaChannel et autres sites totallement gratuits (comme par exemple la Javadoc, les sites Maven, tous les blogs tenus par des sales anonymes communistes, ...). Alors pourquoi, quand free.fr facilite le déploiement de cette technologie (qui n'est PAS du DPI, mais juste une utilisation ingénieuse du DNS - du moins c'est ce que j'en comprend) les sites marchands (qui rappelons-le ne payent pas vraiment la juste redevance pour l'utilisation des tuyaux qu'ils font - le meilleur exemple étant Google qui refuse de payer pour améliorer son peering avec free.fr) tombent-ils joyeusement sur le dos de free.fr ? Hein ? Vous me dites que c'est parce qu'ils vont devoir se décarcasser pour générer du revenu intelligement ? Et que c'est pour ça qu'ils sont grognons ? Pfff ... Un jour, il faudra que les marchands du temple comprennent qu'internet n'a pas à l'origine été conçu comme un espace marchand.

En parallèle, je me demande dans quelle mesure ce blocage n'est pas une vraie solution aux problèmes de débit échangé entre free.fr et google (puisque celui-ci est le propriétaire de la plus grosse régie publicitaire du web au monde).

Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de recopier ce tweet, qui colle bien avec mon opinion sur la question :

https://twitter.com/aheritier/status/287117212542713856

Je disais pour finir, mais le dernier paragraphe de cet article de Freenews est proprement édifiant :

Nous sommes attachés à l’idée qu’un internaute doit accepter et activer sciemment une telle limitation, s’il le souhaite ; de même, un éditeur de site devrait avoir le droit de se tourner vers les services de la régie publicitaire de Google s’il le désire, sans être filtré depuis les connexions de Free par défaut pour autant.

Donc, d'après ce paragraphe, il faudrait que l'internaute doive, pour chaque site où il voit de la pub (qu'il n'a pas demandé à voir, je me permets de le rappeler), dire au site "non, votre  pub, je n'en veux pas" ... Euh.

De mon point de vue, la pub est, qu'elle soit visuelle, auditive, odoriférante ou tactile, une aggression : le quidam qui subit cette publicité ne l'a jamais demandé. Je veux bien reconnaître que les médias traditionnels ont vécu avec depuis tellement de décennies qu'on pourrait croire les simples citoyens, mais ça n'est pas le cas. Il y a des déboulonneurs d'affiches publicitaires sauvages, des saboteurs de publicité sous biend es formes, et je trouve ça bien (mais un peu schizophrène et sans aucun doute manipulateur) que ce genre d'action devienne publiquement visible sur le web, au lieu d'être cantonnée aux "experts" (dont je fais hélas partie) qui surfent toute la journée sans jamais voir la moindre pub salir leur écran.