Bon, je vais vous sortir un instant de votre petit confort de lecteurs pas forcément assidus de ce blog.

Comme c'est le nouvel an (en tout cas pas loin), j'ai vu fleurir (plus particulièrement sur la shaarlisphère d'ailleurs) pas mal de message au ton ... pas forcément joyeux. Je vais prendre ce message d'Anadrark comme exemple.

Tout ce qu'il y dit est vrai, tout simplement.

C'est vrai que les mécanismes de base de la politique ont tous été subvertis.

C'est vrai également que chacun d'entre nous est mieux surveillé qu'un dissident politique à l'époque du stalinisme : l'état peut savoir grâce à la fameuse loi de programmation militaire où je suis, avec qui, ce que je fais (le piratage de webcams est une possibilité tellement répandue que même Maïa Mazaurette en parle), ce que je regarde, bref, .... TOUT. C'est flippant.

Et c'est ce côté flippant qui panique les internautes (français en particulier, puisque, je le rappelle, nous sommes tous des dépressifs chroniques).

Maintenant, voyons les choses d'un autre côté.

Dans notre beau pays, les élites sortent d'une belle machine à formatter la tête qui s'appelle l'ENA. Dans cette école, on leur apprend qu'il leur faudra attendre l'âge de la retraite avant d'être un maître du monde. Du coup, quand ils deviennent ministres/présidents/décideurs, ils ont l'âge d'être appelé pépé.

Ca n'était pas grave il y a vingt ans, avant la révolution numérique.

Aujourd'hui, ça les place du même côté que la fleur de la chevalerie française à Azincourt, ou que les soldats français au début de la deuxième guerre mondiale : du côté du passé. Et le passé, c'est dépassé. Avec toutefois une différence : nos élites actuelles ont le pouvoir et une peur bleue des simples citoyens. Une peur bien expliquée dans cet article du Monde. une peur qui faisait, paraît-il, partager une peur commune à Sarkozy et Chirac : celle de voir les révolutionnaires débouler à l'Elysée pour planter leur tête sur une pique (j'avais lu/vu/entendu ça dans un quelconque documentaire, et ça m'avait stupéfait par la méconnaissance que ça montrait pour "le peuple").

Notez bien que tout ce que je dis là, Jean-Michel Billaut l'a déja dit bien mieux que moi. En revanche,c e que je vais dire maintenant n'appartient qu'à moi.

Nous sommes à l'aube d'une - ou plutôt d'au moins deux - révolutions qui vont bouleverser notre monde.

  1. La révolution numérique va complètement transformer le paysage politique, le paysage culturel et le paysage commercial.
  2. La révolution du pétrole va elle bouleverser nos rapports aux distances et aux coûts des matières.

Autrement dit, le monde va vaciller, et pas seulement dans les pays qui dépendaient d'une forme d'exploitation du pétrole. Notre monde va changer. Aujourd'hui, nos gouvernants essayent de maintenir le statu quo, de faire que la France, terre d'administration centralisée depuis bien des siècles, reste ce pays organisé et planifié depuis un centre unique.

Ca ne va évidement pas se passer comme ça.

C'est bien pour tous ceux qui sauront embrasser le changement, mais terrifiant pour les gens - et je pense que les ministères en sont pleins - pour qui le changement ne fait qu'apporter l'inconnu.

Heureusement, il y a une solution simple à ça : attendre. Oui, attendre. Dans dix ans, dans vingt ans, la vague déferlera à pleine force, et je crois sincèrement que tout ce qui nous ancre dans un passé marécageux sera proprement arraché de ses gonds.

Je ne crois toutefois pas que ça se fera sans douleur. En revanche, ce que je sais, c'est que nous allons vivre des temps intéressants, ce qui (pour les lettrés d'entre vous) n'est pas forcément une bénédiction.