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En ce nouvel âge d'or, Gloriana règne sur Albion et son empire.

Si la cour vit au rythme de la reine, le gouvernement repose sur le chancelier Montfallcon et son réseau d'espions et d'assassins. Parmi eux, l'énigmatique et redoutable capitaine Quire.

Et tandis que la reine de vertu languit dans son palais creusé de souterrains mystérieux, Quire, le prince du vice, trame dans l'ombre l'écheveau complexe de ses intrigues...

Albion n'est pas l'Angleterre, Londres n'est pas dans Londres et le monde de la Renaissance a changé ; de même Gloriana n'est pas Élisabeth Ire. Pourtant...

Uchronie fantastique, étrange et brillante, conte de fées cruel et pervers, Gloriana occupe une place à part dans l'œuvre de Michael Moorcock.

Review

Dans une espèce de période historique fantasmée, la reine Gloriana dont le règne est un âge d'Or pour Albion souffre d'être littéralement inassouvie (eh ouais, elle est frustrée sexuellement). Suite à un complot perfide organisé par son premier ministre, le règne de Gloriana pourra être mis à mal et/ou régénéré par un ... fieffé coquin.

Je vais le dire tout de suite, je n'ai pas du tout aimé la langue ampoulée que l'auteur utilise dans ce roman. Ses accumulations de description, ses envolées lyriques à tout bout de champ, POUAH ! Hélas, comme Stormbringer au temps jadis de fras, je suis un fan des oeuvres "alimentaires" de Moorcock (Elric, Hawkmoon, et même Le chien de guerre et la douleur du monde. Mais entre cette Gloriana et l'autre bouquin sur Londres, son exploitation de sa ville mythique me paraît une occupation assez peu lisible. Bon, cela dit, il ne faut pas prendre cette oeuvre au premier degré, à mon avis. Il faut plutôt voir au-dela de l'écriture misérable l'hommage au règne de Victoria, un hommage dont je n'ai évidement rien à faire.

Quant à cette histoire d'apologie du viol dont le même Stormbringer m'avait parlé il y a bien longtemps, elle me paraît valide mais je vais détailler. Mais attention aux spoilers maintenant. Donc, le roman se termine globalement par une scène où l'immense Gloriana est violée (au sens moderne du terme, c'est-à-dire prise sans son consentement) par son sombre amant, lui arrachant un orgasme (des études montrent hélas que c'est le cas dans la moitié des viols. Le corps réagit même quand l'esprit s'y oppose). D'un point de vue métaphorique, il s'agit évidement qu'il n'y a pas d'ombre sans lumière, autrement dit que même dans le règne du plus glorieux des souverains, à cause de la nature injuste de ce pouvoir, certains doivent forcément se salir les mains pour protéger l'injustice de ce pouvoir.

Ca ne suffit pas à en faire un bon roman, notez bien, juste une oeuvre expérimentale dans laquelle le talent de Moorcock ne suffit pas à créer un récit qui tienne la route, à mon avis. A réserver aux exégètes de l'auteur, à mon avis (dont on peut dire que je fais partie).