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Wastburg, une cité acculée entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coincé entre deux chicots douteux. Une gloire fanée qui attend un retour de printemps qui ne viendra jamais. Dans ses rues crapoteuses, les membres de la Garde battent le pavé. Simple gardoche en train de coincer la bulle, prévôt faisant la tournée des grands ducs à l’œil ou bien échevin embourbé dans les politicailleries, la loi leur colle aux doigts comme une confiture tenace. La Garde finit toujours par mettre le groin dans tous les coups foireux de la cité. Et justement, quelqu'un à Wastburg est en train de tricoter un joli tracassin taillé sur mesure. Et toute la ville attend en se demandant au nez de qui ça va péter.

Review

Les gendarmes et les voleurs, souvent, ça marche bien.

Et là, cette déclinaison fantasy part d'une bonne idée : une ville isolée sur un delta, séparant deux pays pas forcément amicaux.

Et dans une ville comme celle-là, qui mieux que la Garde de la Ville pour faire le tour du propriétaire ? Ici, la garde n'est pas au service de la Justice, ni de la Loi, mais simplement de l'ordre. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que le chef a toujours raison, que la corruption n'est pas bien grave, et qu'il vaut mieux que ce soient des pauvres qui soient coupables plutôt que des riches (qui connaissent les chefs). Du coup les gardes (gardoches dans le langage local) font vraiment penser au guet de nuit de 1654, mais avant que Vimaire ne sorte la tête du goulot de sa bouteille (donc les toute premières aventures du guet).

Cela dit, il faut bien comprendre que Wastburg n'est pas Ankh-Morpokh, et l'athmosphère y est bien plus sombre. Il n'y a en effet pas d'humour dans ce livre, et la cohabitation entre les population des deux peuples ne va pas sans problème, puisque l'un des deux (j'ai oublié lequel) est simplement ignoré par toute la bourgeoisie de la cité-île. Racisme ? Oui. Et encore, ça n'est pas grand chose puisque le seigneur de la cité (le patricien, en quelque sorte) se révèle certes aussi machiavélique que Vétérini, avec toutefois une face plus sombre (là où Vétérini est dictatorial parce qu'il a bien compris que les gens sont des veaux).

Pour en revenir à l'histoire, il faut savoir qu'elle nous fera visiter toutes les facettes du guet, du bourreau au gardien de prison, mais que chaque visite nous révélera une réalité un peu plus sombre, un peu plus crasseuse que ce à quoi on aurait pu s'attendre.

Bon, honnêtement, c'est pas mal. Mais (ben oui, il y a un "mais") ça ne m'a pas emballé. En fait, je n'ai pas trop accroché, essentiellement parce que cette chronique ne résoud rien : bien sûr des gens meurent, bien sûr le décor est superbe par sa crasse et son côté retors. Mais ça n'est qu'un décor qui ne sert pas de grand dessein, et je trouve ça dommage. Bon, et puis peut-être que l'ombre d'Ankh-Morpokh est trop énorme pour que je passe à autre chose.