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Dans ce dernier tome, on retrouve Phaeton, enfin en pleine possession de tous ses moyens, face à des dangers plus pressants que jamais.

En effet, après avoir lutté dans les tomes précédents pour retrouver son âme et sa mémoire, puis sa nef, il essaye finallement de sauver son rêve ... Le rêve de conquérir l'espace. Et dans cet âge d'or, les étoiles sont à sa portée : tout le monde est immortel, et il n'est d'ailleurs même plus nécessaire de se déplacer en personne - ni même d'avoir un corps, d'ailleurs - pour rendre visite à un contemporain. Qui plus est, la toute puissance des IA, appelés ici "sophotechs" réduit les humains au rôle de créateurs artistiques.

J'avais trouvé les deux premiers tomes flamboyants, baroques même dans leur excès de créativité. C'est en effet la première fois (enfin, pas tout à fait, 22645 avait déja utilisé ce procédé dans La grande rivière du ciel avec moins de panache) que je tombe sur un auteur qui s'éloigne autant de la réalité physique d'un humain pour essayer de comprendre le plus finement ce qu'est conceptuellement un être humain. Je m'explique ... Est-ce le corps physique qui fait de nous des humains ? A l'ère de la virtualité, on sait déja que ça n'est plus le cas. Est-ce la mémoire alors qui fait de nous les humains que nous sommes ? Sans doute pas, car la première chose avec laquelle joue l'auteur, c'est la mémoire : petites altérations et grandes transformations ont permis aux humains de cet âge d'explorer tous les états de conscience, tous les sexes, et même d'autre choses. Finallement, deux choses restent hors de portée de ces humains : l'infini et la mort (peut-être deux formes d'infini, en fait ...).

Et Phaëton, lui, pour conquérir le premier, va ramener la seconde.

Le gros problème, c'est qu'une fois que l'auteur a joué avec les multiples états de la réalité (ce qu'il a fait avec un talent certain dans les deux premiers tomes), il ne lui reste plus grand chose à faire de sa jolie boule à neige (ben oui, cet âge d'or ressemble à une jolie boule à neige : très décoratif, mais totallement inutile, voire inutilisable). Alors il essaye de la casser de la manière la plus exubérante possible. Bon, je ne dis pas que la manière est mauvaise : une nef d'adamanthe de 100 kilomètres bondissant vers les étoiles de la manière la plus phallique qui soit, c'est flatteur. Mais l'espace, c'est surtout le vide, et hélas, je crains que c'est dans cette direction que se précise la fin de cette trilogie. J'en veux pour preuve les cent dernières pages qui nous expliquent que cette transcendance que tout l'âge d'or recherchait ne va servir qu'à le précipiter dans une guerre stellaire.

Et pour tout dire, c'est le souvenir qui gâche tout. J'aurais en fait largement préféré que Phaëton précipite sa nef dans le trou noir de Cygnus X, étalant sa fin grandiose dans un temps s'étirant à l'infini, plutôt que ses innombrables disgressions sur les conséquences de ce combat entre le même Phaëton et Rien, l'agent du Silence dit comme ça, ça fait pitié, quand même). A dire vrai, je me demande dans quel mesure ça vallait réellement le coup de lire ces pavés pour en arriver à ce résultat qui part franchement en quenouille.