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Belle de Mort, la puissante dague sombre de Cellendhyll, se repaît du sang de ses victimes et renforce chaque jour un peu plus son lien télépathique avec son possesseur. Alors que la guerre entre les Puissances semble sur le point d’éclater, la dague confie une mystérieuse mission à Cellendhyll : retrouver le tombeau d’Arasùl, un seigneur ténébreux disparu depuis des décennies. De son côté, Estrée la fille du Chaos continue à mener double jeu, déchirée entre ses allégeances troubles et l’amour passionné qu’elle éprouve pour l’homme aux cheveux d’argent. Mais le terrible secret qu’elle dissimule sera bientôt révélé…

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Dans ce dernier tome, beaucoup des mystères liés à Celhendyll se trouvent résolus : sa Belle de mort révèle sa vraie nature, on comprend qui est Aràsul, ce que veut le Père de la Douleur à notre ombre du chaos préférée. Bref, comme le dit l'auteur dans une espèce de très court avant-propos, ce roman marque la fin d'un premier cycle d'aventures de l'homme aux cheveux d'argent.

Dans ce roman, la première chose qui marque, ce sont les défauts. En effet, les deux cent premières pages, assez molles, ne permettent au lecteur que de se concentrer sur les défauts de l'auteur, et je les trouve assez nombreux.

D'abord, une légère complaisance vis-à-vis des scènes de sexe, qui fait de chaque acte une scène du roman à part entière (même quand elle ne concerne pas les personnages principaux). La première fois, c'est émoustillant. Mais quand les deux personnages principaux découvrent le plaisir délicat de la sodomie, je trouve qu'on sort un peu du propos.

Le propos dont on ne sort pas, en revanche, c'est l'épicurianisme de l'auteur : on n'échappe, comme pour les scènes de sexe, aux bons repas, dont le menu est détaillé avec un souci du détail qui m'a presque fait penser aux pires heures de la littérature descriptive du XIXème siècle (vous savez, ces descriptions sans fin). Et tout ça, malheureusement, colle assez mal, je trouve, avec le caractère du personnage principal, que l'auteur se complaît volontiers à décrire comme une espèce d'ascète, uniquement vivant dans le combat.

C'est d'ailleurs ce qui rend cette première partie si médiocre : le fait qu'on n'y vive que peu d'action, un peu d'enquête et beaucoup de réflexion. Malheureusement, je dois l'avouer, je ne lis pas ces aventures pour la profondeur de leurs réflexions philosophiques - ni d'ailleurs pour les indications très détaillées sur les préliminaires dans les cours imaginaires du Chaos. Non, je lis ces romans pour les explosions de violence qui balayent parfois ces pages.

Et pour ça, heureusement, la deuxième partie remplit toutes les promesses faites par les quatre premiers tomes. On y découvre un guerrier d'exception qui - dans une scène que j'ai trouvé totalement jouissive - se bat contre soixante guerriers à la fois, "juste" armé de son talent ... et d'une hache à deux mains.. Le pire, c'est que cette scène n'est en fait qu'une transition entre un combat contre un démon, et d'autres combats, encore plus impressionants..

Rien que pour ces combats qui constituent le coeur de cette conclusion, j'estime que ce roman remplit tout à fait son contrat de lecture distrayante. Mais quand en plus le dernier chapitre apporte ce magnifique retournement de situation, alors LA, je suis totalement conquis.

Et du coup, je ne peux que vous recommander cette lecture, si comme moi vous êtes nostalgiuqes de l'époque d'Elric ou de Conan, pas forcément gêné par quelques orgasmes, et favorables à une langue châtiée (ah, j'ai oublié ce défaut, tiens, personne ne dit "merde", "fait chier," ou "putain", dans ces romans). Donc, si vous pouvez ttolérer les quelques erreurs de jeunesse de l'auteur, lisez ce roman, il vaut le coup !