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Chez Days, le plus grand gigastore du monde, tout s'achète. Absolument tout. Mais pour le commun des mortels, il faut bien souvent se contenter des vitrines éclairées qui font le tour du bâtiment, car on ne peut rentrer chez Days qu'avec une carte de membre. Alors, certains sont prêts à tous les sacrifices, toutes les folies, pour parvenir à mettre la main sur l'un des fameux sésames. Que ne ferait-on pas pour pénétrer dans le temple absolu de la consommation ? Car une fois à l'intérieur, à l'abri du monde et des tracas quotidiens, l'âme emplie par toutes les promesses qui s'offrent aux regards ébahis, on se sent enfin exister. Le client est roi, dit-on... Mais à quel prix ?

Review

Days ? Le plus grand et peut-être, peut-être, - le plus beau gigastore.

Days ? Un endroit où tout s’achète.

Days, un lieu où il faut être client pour exister, où les ventes flash dégénèrent avec une étonnante régularité, où la société de consomation est une religion.

Days ? l’enfer.

Et à lire certaines pages de cet excellent roman, on voit bien en quoi la société hyperconsomatrice qu’il décrit, qu’on peut difficilement qualifier de SF, est infernale : tout le monde veut sa carte de client, et les clients ne peuvent que s’endetter, soumis qu’ils sont à un marketting plus qu’agressif.

Franchement, tout ça est très bien fait.

Bien sûr, ça n’est pas exactement de la SF, à peine de l’anticipation, puisque rien dans ce que décrit ce roman ne pourrait exister aujourd’hui. Mais j’ai adoré la manière dont l’auteur campait des personnages crédibles ou pas(1).

Oh bien sûr, il y a dans ce roman quelques incohérences ou tout au moins des faiblesses, comme cette rivalité entre rayons(2), ou encore ... ou encore, attendez que je me souvienne … ah ben non, rien d’autre que cette rivalité.

Et puis le décor est quand même beau. Je veux dire par là que ces 666 rayons, avec leurs marchandises qui sont toutes en vente, ne peut que flatter le client qui sommeille en nous.

Et, pour finir, après avoir été titillé tout le long du roman par ces énigmatiques références au sept, on comprend la raison de leur présence dans une scène anthologique.

Il faut être honnête, c’est un bon bouquin. Pas le chef d’oeuvre du siècle, mais quand même un très bon bouquin. Bon par les réflexions qu’il permet au lecteur sur l’importance de consommer (ou pas). Et bon aussi parce qu’il est simplement distrayant.

(1) Comme les fils Days, carricatures parfaites de profiteurs d’une entreprise qu’ils n’ont pas créé.

(2) Qui donne d’ailleurs à l’auteur une occasion qu’il saisit avec talent pour nous écrire une tirade absolument fabuleuse sur la supériorté du livre, objet éternel et fidèle compagnon, sur l’ordinateur, forcément perissable.