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Mission accomplie. « Black Jack » Geary a réussi l'impossible : ramener la flotte perdue chez elle près avoir infligé à l'ennemi une succession de défaites. C’est en héros qu’il est revenu.

Un héros dont le Sénat de l’Alliance se méfie. Son objectif prochain ne sera-t-il pas de s’emparer du pouvoir ? Que faire de lui ? Geary, pour sa part, estime les conditions réunies pour mettre un terme à la guerre qui ravage l’humanité depuis un siècle ; et il y a urgence car aux frontières des mondes syndics guette une menace inconnue.

Si les moyens lui en sont accordés, c’est donc un retour décisif au cœur des territoires syndics qui l’attend, ainsi, peut-être, qu’une première confrontation directe avec les mystérieux aliens.

Victorieux clôt le cycle de La flotte perdue , désormais un pic du space opera militaire. Et la romance contrariée de son héros y trouvera peut-être aussi son compte.

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Ce sixième tome clôture réellement (par opposition aux fausses fins de ... par exemple ... la pénible sage d'Honor Harrington) les aventures de Jack Geary, capitaine (et ensuite amiral) de la flotte, qui a botté les fesses des syndics à peu près partout où il passait, pour finir par les forcer à la paix dans leur système spatial central. Evidement, la bataille sera monumentale, mais elle ne sera rien à côté de deux phénomèmes si typiques de ce genre de SF : l'attaque des méchants extra-terrestres, et l'Amour qui toujours triomphe des obstacles. L'Amour prenant cette fois-ci la tête du capitaine Desjani, capitaine de pavillon de notre amiral dont il s'est amouraché bien des tomes plus tôt.

Je ne critique pas vraiment cette tentative d'humaniser Geary, parce que c'est une bonne idée. Au lieu d'avoir un soldat dévoué corps et âme à la Victoire de Sa Patrie, on a ici un homme, un vrai, qui passe pas mal de temps tiraillé entre son envie d'en finir avec cette guerre et le nécessaire carnage que ça va entraîner. Il y passe pas mal de temps, mais il ne s'appitoie néanmoins aps sur son rôle de chef contraint à des décisions iniques : il a choisi d'être commandant (bon, pas vraiment d'être amiral) mais, si'il est surpris par la facilité avec laquelle ses collègues non congelés se remettent de l'horreur des combats, il ne semble pas non plus souffrir du syndrôme du survivant (qui est à mon avis une invention de notre époque, plus qu'une réalité intemporelle du soldat - oui, je dis ça de mon bureau). N'emêche, il préfère vivre sa vie (même si elle le conduit dans lun futur nécessairement différent et inconnu) plutôt que de se lamenter ad nauseam sur toutes les souffrances du passé. Et j'aime ça.

J'aime aussi toujours autant la façon dont il utilise son cerveau pour mettre au point des tactiques aussi surprenantes qu'efficaces tout en déjouant les pièges de ses adversaires, des pièges cette fois-ci assez subtils, d'ailleurs. Entre les syndics qui préfèrent se débarasser de leur flotte plutôt que de le laisser survivre, et les extra-terrestres qui se montrent toujours aussi vicieux, clairement, il y a de quoi faire en termes de malignité.

Bon, il y a cependant dans ces histoires des aspects un peu gênants, qui à mon avis sont inhérents à la SF militariste. Tiens, l'exemple le plus frappant tient précisément à la guerre. Pour arriver à ses fins, Geary n'hésite pas vraiment à balancer des projectiles cinétiques sur toute installation qu'il estime dangereuse. Au niveau des dommages collatéraux, ça se pose assez vite là : quand tu bosse dans une station d'extraction d'Helium au bord d'une géante gazeuse, et que tu dois évacuer en urgence, pas sûr que tu aie assez d'air pour attendre les secours (surtout quand ils ont décidé que tu étais un civil sacrifiable). En revanche, quand tu dézingues unv aisseau de guerre ennemi, bien sûr, tu vas aller secourir ces braves soldats ennemis ... les civils par contre, non. Pire encore, le jour où tu montes une opération d'exfiltration d'un camp de prisonniers de guerre, te pose pas trop de question avec les civils qui traînent autour (et qui sont d'ailleurs en pleine guerre civile).

Tant qu'on parle des civils, on peut aussi parler des politiciens, desquels l'auteur semble dans cette série de roman n'avoir vraiment pas une bonne image. Et encore, je litote un peu. Parce qu'aucun des politiciens évoqués dans cette oeuvre n'apparaît autrement que comme un manipulateur amoral. Je crois même qu'aucun n'essaye de changer cette image. J'espère que c'est parce que l'auteur essaye de nous présenter les relations entre l'armée comme bras armé du peuple et son donneur d'ordre (qui forcément ne comprend pas les nécessités de l'action). Mais quand même, ça fait mal.

Cela dit, il ne s'agit que de défauts mineurs face à une action qui, même si elle s'émousse vers la fin de ce tome, n'a jamais dérogé à l'objectif clair de l'auteur : une énorme bataille par roman, et quelques escarmouches moyennes en bonus.

Du coup, forcément, l'intérêt de la série est somme toute moyen : si vous voulez voir de la ferraille voler dans l'espace (et éventuellement se mettre sur la tronche), c'est parfait, sinon passez votre chemin.