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Ce n'est pas l'Amérique. En tout cas, pas la nôtre. Mais c'est la sienne. L'Amérique de Thomas Day, où frayent dans un carambolage d'influences, le carton pâte fané d'une puissance passée, le road sign rouillé - moitié ensablé - qui indique le chemin de la Zone 51, le cool déjanté d'un Tarantino sous crack et l'ombre, découpée dans la lumière du couchant sur John Ford's Point, de ce héros américain - la mâchoire carrée et le zygomatique en berne - qui regarde loin, vers l'horizon et la Frontière.

Review

Trois nouvelles mixant allègrement des éléments marquants du mythe américain.

  • "Cette année-là, l’hiver commença le 22 novembre" mélange les hommes en noir, l'assassinat de JFK, la zone 51, et la paranoïa extra-terrestre avec en final de ce road-movie sans isssue un pur moment de poésie (laissez-moi écouter les étoiles).

  • "American Drug Trip" Je ne pensais pas voir le jour où quelqu'un tisserait aussi finement les univers de Tarantino et de Dick ... avec en bonus un crocodile, un ours et un voyage dans la sex valley (enfin, virtuel le voyage ... quoique)

  • "Eloges du sacrifice" le président des USA en héros face aux monstres de Day of the Tentacle revivant la bataille des thermopyles et d'autres conflits qui, à tout coup, doivent faire partie de la mythologie résistante américaine.

Dans les trois cas, j'ai eu l'impression que Day plongeait sa plume dans les tripes américaines pour en sortir des oeuvres pas glorieuses, pas prétentieuses, mais "vraies", comme seule la littérature peut l'être.

Et du coup, je me suis demandé pourquoi il n'y avait pas une dizaine de nouvelles, et pourquoi American Drug Trip (ma préférée, sans aucun doute) n'avait pas encore été acheté par la Warner/Paramount pour en faire un bon gros film de looser défoncé.

Autrement dit, une lecture un peu courte, mais jouissive.