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Chaque nuit, Leodegar le Resplendissant se réveille en hurlant dans son palais. Quelle est donc l'angoisse qui étreint le conquérant dans son sommeil ? S'agit-il d'un drame intime, ou bien de l'écho multiple des émotions qui animent le peuple du vieux royaume ?

 Désenchantement de Suzelle, la petite paysanne, devant la cruauté de la vie ? Panique de maître Calame, le copiste, face aux maléfices qui somnolent dans ses archives ? Scrupule d'Ædam, le chevalier, à manquer aux lois de l'honneur ? Hantise de Cecht, le housekarl, confronté aux fantômes de la forêt ? Appréhension de Benvenuto, le maître assassin, d'être un jour l'objet d'un contrat ? Ou peurs primales, peurs fondamentales, telles qu'on les chuchote au Confident, qui gît au plus noir des ténèbres...  

 À travers dix destins se dessine une géographie du vieux royaume, de ses intrigues, de ses cultes, de ses guerres. Et de ses mystères, dont les clefs se nichent, pour beaucoup, dans les méandres du cœur humain.

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Review

Dans ce recueil de nouvelles, l'auteur nous parle d'un monde moyen-âgeux qui aurait pu exister, et à sans doute existé dans l'esprit de certains.

Dans ce moyen-âge, la magie a existé. Et si les magiciens ne sèment pas directement la désolation, le monde est encore plein des échos de leurs combats.

Dans ce moyen-âge, on croit aussi en un dieu des morts, pas forcément joyeux, mais quand même puissant.

Et dans ce moyen-âge, les personnages se posent beaucoup de questions, souvent de sombres ruminations sur un monde sans espoir.

Et c'est bien, mais alors c'est bien.

D'accord, la première nouvelle est simplement moyenne. Mais en avançant dans le roman, la qualité progresse pour atteindre (de mon point de vue personnel) un sommet avec "le conte de Suzette" qui a bien failli m'arracher des larmes (oui, depuis Thomas le rimeur, j'avoue sans peine mes émois de midinette).

Plusieurs choses donnent toute sa qualité à ce recueil.

D'abord, l'auteur maîtrise sacrément bien la langue française et le vocabulaire du moyen-âge, ce qui donne une bonne dose de réalisme quand il nous décrit un lieu ou un personnage.

Ensuite, il a su écrire ces nouvelles avec un sens très fin de ce que pouvait être la vie dans notre moyen-âge, pour mieux la transposer à son moyen-âge. Et ça aussi, ça nous aide beaucoup à nous plonger dans ces récits, pas forcément faciles.

Enfin, ses nouvelles ont une nuance contemplative qui leur donne toute leur profondeur. Bien sûr, il y a quelques combats (surtout quand le personnage principal de la nouvelle est un chevalier ou un barbare) mais dans tous les cas, le coeur de ces nouvelles n'est pas le monde extérieur, toujours cruel, mais le monde intérieur d'un personnage, qu'on va suivre pour une journée ou pour la vie, mais toujours en suivant avec beaucoup de finesse les méandres de ses pensées.

Et c'est sans doute ça qui fait de ce recueil une aussi bonne lecture, que je vous recommande fortement.