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Dans ce roman, premier tome d'une trilogie, on découvre différents personnages dans un monde renvoyé dans le passé par la grâce d'un virus informatique ayant détruit absolument toutes les infrastructures électroniques. La quatrième couverture nous parle (faussement) d'un monde où la communication passe maintenant par le biais d'envoi de phéromones codées (comme les fourmis et autres insectes). Je dis faussement car, même si cet aspect est évoqué, il est anecdotique par rapport à l'histoire. L'histoire, en réalité, est celle de trois ou quatre personnes dans un monde en ruine : un ancien alter-mondaliste devenu flic par sens des responsabilités, son ex-copine maintenant à la tête de l'équivalent phéronomique des méga-corpos de l'ère cyberpunk, et un petit chef de bande minable. Ils vont vivre des aventures bizarres dans ce monde étrange, et se retrouver à la fin du premier tome, laissant clairement entrevoir que la lecture de la suite est absolument nécessaire.

J'ai un avis extrêmement mitigé sur ce roman.

Au début, j'ai pensé que la SF francophone, avec son obsession de l'apocalypse, était au moins aussi chiante que la SF américaine. Parce qu'il ne faut pas se leurrer, dans La brigade de l'oeil, l'apocalypse est présente, mais contenue derrière les murs de cette dystopie. Et puis, peu à peu, les choses ont évolué. D'abord parce que les images que faisaient naître certains passages en moi m'évoquait furieusement la chute du faucon noir (ou du moins les quelques images que j'en ai vu). C'était notamment le cas lorsque Teitomo se baladait dans les rues d'un Marseille transformé par un groupe musulman. Ensuite, et surtout, parce que ce roman ne semblait pas décrire tant l'apocalypse qui est arrivée que la façon dont les gens semblent s'en sortir, avant de replonger à nouveau dans le ventre de la bête dans sa dernière partie, et d'une manière terriblement spectaculaire.

Néanmoins, plusieurs choses m'ont terriblement gêné.

Comme par exemple cette espèce de faux rythme plutôt, comment dire ... naturaliste, là où une narration plus nerveuse aurait pu m'aider à comprendre l'urgence de ce récit (je pense en particulier à toute la partie se passant dans la clinique de Gaïa, lorsque Teitomo et Gemini semblent errer dans un enfer de la transplantation d'organes, poursuivis par les tueurs de la faction orage). L'air de rien, ce faux rythme m'a complètement isolé de personnages dont les fêlures et les interrogations sont autant de preuves d'humanité face à la menace planant sur eux. Ou comme aussi ces espèces de celtes bretonisants d'opérette, qui sont trop théatraux et pas assez menacants pour que la partie se passant sur Ouessant (oui, Enez Eussa, c'est joli, mais ça n'est pas vraiment nécessaire, sauf pour perdre le lecteur).

En fait, à bien y réfléchir, toute la partie concernant Gemini manque de cohérence avec le reste, car semblant viser un public plus "jeune" que les interrogations de Teitomo et de son ex (dont j'ai oublié le nom).

Maintenant, la question clé, à laquelle je n'ai pas encore de réponse : vais-je lire la suite ? Vais-je même vous conseiller de le lire ? Je vous laisse en fait seuls juges de vos lectures, parce que moi, je ne sais absolument pas quoi en penser.