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Review

Dans ce roman - et les nouvelles qui lui font suite - on se met dans les pas de Joe Sagar, éleveur de reptiles extra-terrestres à peau empathique dans une version post-tremblement de terre de la californie (bon, ça, c'est jamais dit, mais c'est quand même le cas).

Dans cette Péninsule abandonnée de presque tous, sauf les marginaux, les fous, et les amateurs de planeur haute-vitesse (lequel n'a aucun rapport avec ceux de Windhaven), Joe Sagar passe son temps à tomber sur Carioca Jones, une ancienne actrice de 3D sur le retour, avec laquelle ses relations sont plus qu'ambigües. D'ailleurs, en un sens, je crois bien que c'est elle la véritable héroïne de ces histoires, vues par l'un des innombrables profiteurs qui gravitent autour d'elle.

Dans le roman qui ouvre ce livre, on le suit donc, dans ses amours contrariées et tumulteuses, et surtout dans sa tentative misérable (car encombrée de tout un fatras de consdéirations personnelles qui l'empêchent systématiquement d'aqgir) de libérer les prisonniers de droits communs de leur obligation de donneurs d'organes. Oui, dans cet univers, les prisonniers de droit commun, pour payer leur dette à la société, ont l'obligation de donner leurs organes aux citoyens libres quand ceux-ci ont des accidents. Ce qui crée tout un tas de tensions et de situations à haut potentiel dramatique, comme par exemple celle qui ouvre le roman.

Dans les nouvelles qui lui font suite, l'auteur exploite d'autres aspects de sa drôle de planète.

Je crois sincèrement que l'auteur a essayé de bien faire. De mettre en scène des personnages crédibles dans une situation qui ne l'est pas moins.

Seulement je trouve que tout tombe un peu à plat. Et pour une raison bien simple : son personnage principal, celui autour duquel mon adhésion de lecteur doit se cristaliser, est un indécis chronique, un personnage qui ne peut jamais se résoudre à agir, sauf peut-être de la plus déplorable des manières.

Pourtant, il y a du potentiel dans cette Péninsule.

Avec des prisonniers de droit commun qui servent de stocks de pièces de rechange, mais aussi d'esclaves, on aurait pu construire je pense quelque chose de bien plus puissant. Il aurait bien sûr fallu essayer d'éviter l'écueil de la métaphore esclavagiste, sur lequel, tel un bateau de son roman, l'auteur s'échoue lamentablement.

Avec ses splendides planeurs lancés par des foilers à moteur, il aurait également pu construire sa civilisation sur d'autres bases de déplacement, comme on a pu le voir dans d'autres romans.

Hélas, l'auteur préfère rester dans une veine proche de celle de Vermillion Sands ou de Desolation Road : une espèce de nostalgie au soleil, un monde abandonné de ses hordes de touristes, au sein duquel ne restent plus que queelques inadaptés et marginaux. Seulement, évoquer cette nostalgie, c'est tenter de saisir entre les pages une espèce d'évanescence autrement plus délicate que les peaux de slicte qui font la spécificité du personnage princcipal.

Et en l'occurence, c'est un échec cuisant.

Un échec suffisament cuisant en tout cas pour que je me permette de vous déconseiller cette lecture.