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Omale...

Imaginez une sphère de matière ultra-dense, englobant un soleil. À l'intérieur de cette coquille de dizaines de millions de fois la surface terrestre : de l'air et de la vie ; des espèces intelligentes, aussi. Là, sous un soleil à jamais immobile, les Humains, arrivés par une éphémère porte de Vangk, ont dû repartir de zéro. Au fur et à mesure des âges, alors que l'univers extérieur se muait en simple mythe, ils ont dû tisser une histoire avec leurs voisins extraterrestres : les Chiles, grands et puissants, et les sages Hodgqins. Une histoire faite de commerce et de guerre, d'exploration des Confins, mais où les grands mystères demeurent : quels êtres aux pouvoirs semi-divins ont édifié Omale, et pourquoi y ont-ils piégé toutes les espèces de la galaxie?

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Ce recueil contient les deux premiers romans du cycle d'Omale : "Omale" (étonnant, non) et "les conquérants d'Omale".

Omale

Omale est une [sphère de Dyson](https://fr.wikipedia.org/wiki/Sphère_de_Dyson), c'est ce que nous dit la préface. Mais ses habitants croient qu'il s'agit d'un monde plat et infini. Et c'est vrai qu'elle est énorme. Suffisament, en tout cas, pour permettre son peuplement par trois espèces intelligentes (dont les humains).

Des individus de ces trois espèces recoivent donc à différents moments de leur vie des billets d'embarquement pour un voyage en ... dirigeable (le terme nef utilisé m'a paru ridiculement trompeur). ce voyage les amènera à vivre moults aventures, au cours desquelles ils feront mieux connaissance avant de découvrir ... le véritable but de leur quête.

Je dois bien avouer que je ne m'attendais à rien en lisant ce roman, surtout pas à ressentir cette impression diffuse et permanent de voir se mêler dans un même récit des inspirations visibles et multiples.

L'inspirations de 2687, d'abord, puisque l'alternance entre l'action immédiate et les flashbacks sur la vie des personnages reprend pas mal la structure qui faisait la force d'Hypérion.

L'inspiration de 5807106 ensuite, et surtout de l'Homme des jeux, puisque là aussi le rôle de chaque personnage sera défini par un jeu aux règles incompréhensibles par un simple humain, et donnant à chaque individu d'une espèce donnée sa place dans leur modèle de civilisation.

Mais enfin, et surtout, et d'une façon absoluemnt écrasante, l'influence de la fantasy tendace quête pour sauver un mode de vie voué à disparaître. Là, le mode de vie n'est pas la magie, mais un certain "vivre ensemble" (tiens, d'un coup, je vomis). Et là franchement, j'ai été profondément déçu : déguiser une quête de fantasy dans les auripeaux d'une espèce de déchéance d'un modne extra-terrestre, ça me rappelle certains albums de la BD Sillage, et c'est pas forcménet ceux où l'auteur s'est le plus foulé pour le scénario.

Je suis sévère ?

Oui.

Je trouve des choses à sauver ? Pas grand chose, en fait, mis à part peut-être l'absence de manichéisme des personnages : si la rochille est incontestablement tordue, les autres personnages sont eux parfaitement normaux, au sens où ils cachent leurs faiblesses, peuvent mentir à l'occasion, et n'hésitent pas vraiment à tenter de se manipuler. Je me rend d'ailleurs compte que l'auteur tourne un peu trop autour d'eux pour s'intéresser au reste du monde autrement que comme le décor de leur aventure commune : le seul autre personnage qui ne soit pas un figurant est ... un androïde/automate !

Bon, on va voir la suite ....

Les conquérents d'Omale

Histoire de nous simplifier la vie, ce second tome se passe sept cent ans avant le premier.

En cette époque reculée, il y a semble-t-il encore beaucoup de métal à utiliser un peu partout, et on se trouve donc dans une espèce de guerre louche entre les chiles (grans et costauds) et les humains. Une guerre aux dimensions d'Omale : sur vingt mille kilomètres de front, on se bat au fusil, on creuse des tranchées, et on sacrifie mille hommes pour une colline. Dans ce contexte "joyeux", quatre soldats d'origine diverses sont envoyés chercher une arme qui pourrait changer le cours de la guerre. Cette arme fut capturée il y a des décenies aux ennemis non-humains et est cachée à des dizaines de milliers de kilomètres du front. Il faudra donc aller l'y chercher, la connecter à une source d'énergie assez puisante, et la ramener au front.

Evidement, c'est un voyage d'une longueur absolument extravagante, durant lequel les personnages utiliseront un panachage de tous les moyens de transport humains : bateaux, autombiles à moteur à alcool, et train nucléaire pour finir.

A côté de ce récit principal, deux récits secondaires sans intérêt tentent d'exister, et échouent.

Echouent, échouent, on peut dire que même le récit principal échoue pour différentes raisons que je vais vous détailler.

La première des raisons est le manque d'empathie total qu'on peut ressentir pour ces personnages : ils sont différents, mais cette différence les rend juste hétérogènes. Ils ont chacun une histoire, qui peut se résumer à "j'ai choisi de livrer la guerre contre ces salauds d'extra-terrestres", et leur mission qui leur a été imposée, ils la prennent pour une espèce d'ardente obligation contre laquelle ils ne se rebelleront jamais (peut-être aprce qu'ils ont été bien "castés"). Bref, ils sont mornes et sans intérêt.

Une description qui peut d'ailleurs s'appliquer également au paysage : ils font un voyage de quoi ... quarante-mille kilomètres, peut-être, presque sans jamais s'arrêter, et je serais bien en peine de me souvenir d'un paysage (j'ai fini el bouquin hier, hein). Ah, si, une plaine d'au moins deux cent kilomètres de côté remplie de colonnes façon Buren toutes séparées d'un espace identique, et faisant toutes la même taille. Un big dumb object, quoi. Dont l'auteur ne fera d'ailleurs absolument rien, comme il ne fait rien de l'espèce de disque spatial venant couper les rayons du soleil pendant des jours, des mois ou des années et créant une espèce d'hiver total. En fait, pour moi, le décor est absolument inutile à ce voyage qui semble se réduire aux dimensions de la cabine dans laquelle se trouve nos soldats. Pour prendre une métaphore facile, c'est comme dans Apocalypse Now : dans ce fil, le héros voit le monde s'agiter autour de lui, mais n'est plus capable d'appréhender ce changement. Donc il le regarde sans même le voir, essentiellement parce qu'il n'y a pas de combat. je retiens de ce décor, et de ces personnages, la même impression d'amputation mentale, de personnages décérébrés par l'action continue.

Bon, est-ce al peine de continuer sur ce roman ? Je ne crois pas.

Et est-ce la peine de continuer avec Omale ? je ne crois pas non plus.

Il y a toutefois quelque chose d'absolument vertigineux dans cette oeuvre. l'auteur crée un monde aux dimensions astronomiques, peuplé à priori d'espèce spatio-péregrines (comme ils disent dans les meilleurs space-opera) et dont peut donc supposer qu'elles disposent de vaisseaux spatiaux, ainsi que de gens à peu près intelligents, voire même capables d'utiliser au mieux les ressources abondantes que leur procure leur environnement.

Pour tout dire,a vec le même équipement, un 5807106 (je crois que c'est lui qui fait ça) nous pond des sphères de Dyson où la partie exposée à l'l'espace est utilisée pour créer des lignes de métro à haute vitesse, quand l'intérieur est remodelé en une espèce de centre de loisir intergalactique, le tout grâce à une utilisation ingénieuse de capacités d'IA. Parce que le gros manque, làdedans, c'est la scienc : les seuls artefacts dont disposent les différents personnages semblent tous être issus d'époques antérieures, et meilleures.

Autrement dit, l'auteur fait le pari d'une décadence synchronisée entre toutes les espèces intelligentes peuplant Omale. Ca me paraît plus que suspect. Carrément crétin, en fait.

Et je ne parle pas des théories de l'espace vital dans un espace supposé infini. En fait, c'est pas compliqué, Omale semble rassembler la plupart des choses qui me rebutent dans le pulp. Sans doute parce que, sous son prétexte d'hommage à 5376, c'en est. Et c'est dommage que je me sois infligé ça.