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Cheradenine Zakalwe est l'un des agents les plus efficaces de la Culture, cette immense société galactique, pacifiste et redoutable, anarchiste, tolérante, éthique et cynique.

Partout où la Culture entend faire régner sa bienveillance, c'est-à-dire son ordre, Zakalwe se montre un chien de guerre irremplaçable. Mais est-il seulement celui qu'il croit être ?

Après L'Homme des jeux, voici le second volume du cycle de la Culture qui a renouvelé le space opera.

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Petit résumé ...

Chéradénine Zakalwé est un agent de Circonstances Spéciales (la branche spécialisée dans les magouilles de Contact - la partie de la Culture qui souhaite s'immiscer dans les affaires des systèmes stellaires non encore éclairés). Un agent de CS (oui, c'est comme ça qu'on dit Circonstances Spéciales quand on connaît la Culture) qui est, de plus, un spécialiste de la guerre sous toute ses formes. Et cet homme va révéler toutes les strates de sa mémoire à sa collègue de la Culture (puisque lui ne vient pas de la Culture, mais d'une planète qui a subi un contact avec la Culture), ce qui ne se fera pas sans quelques surprises.

Ce roman est une oeuvre impressionnante à d'innombrables titres.

D'abord par sa construction entrelaçant d'un côté une ligne temporelle classique, et d'un autre des flashbacks antichronologiques nous ramenant dans l'enfance du héros, les deux lignes se rencontrant, évidement, lors du dernier chapitre qui révèle un twist final absolument fabuleux. D'ailleurs, je me souviens que, lors de ma première lecture (remontant à une dizaine d'années, je pense), j'avais réussi à faire la lecture standard tout en maintenant dans ma tête la structure globale du roman, et j'avais été doublement impressioné : la structure est élégante, mais le twist tient le coup même lorsqu'on lit le roman dans l'ordre "naturel" puis dans l'ordre chronologique que l'auteur indique dans le sommaire final. Ce qui est un sacré bon sang d'exploit littéraire, je trouve.

Par ailleurs, on trouve à côté de cet aller-retour temporel un effet de zooom-dézoom particulièrement réussi. Je m'explique. Plusieurs fois dans ce roman, on va voir Chéradénine partir de sa situation locale pour se situer sur une planète donnée, dans un système solaire donné, dans une galaxie donnée, comme des ronds dans l'eau remplissant la surface de l'étang, avant de revenir se centrer sur le héros qui n'a évidement pas bougé. C'est un sacré effet de style, que l'auteur utilise avec brio pour montrer à la fois la grandeur du héros et sa petitesse.

Et encore, tout ça ne concerne pas l'histoire, que ... je n'évoquerai même pas en deux lignes pour vous laisser la surprise. Une histoire magnifique, horrible et merveilleuse parce qu'horrible.

Franchement, rien que pour le style, c'est un très bon roman. Avec l'histoire, ça devient évidement l'un des meilleurs romans du genre. Et un roman que tout amateur de science-fiction doit évidement avoir lu.