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Pourquoi remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même ? Le très très vieux moine Lou-Tsé et son apprenti Lobsang en savent quelque chose puisque c'est à eux qu'incombe la tâche de gérer le temps et de le distribuer au mieux, veillant ainsi au bon déroulement de l'Histoire.

Jusqu'au jour où Jérémie, maître horloger d'Ankh-Morpok reçoit une mystérieuse commande pour construire une horloge de verre parfaite. Celle-ci pourra tout simplement arrêter le temps et mettre fin au Chaos. Ah, cela ne serait-il pas le rêve des Contrôleurs que le Disque-Monde insupporte par ses activités incessantes ?

Le temps est compté pour Lou-Tsé ! Mais la Mort va s'en mêler, attirant dans son sillage les cinq Cavaliers de l'Apocalypse - oui, c'est une longue histoire...

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Review

Comment fait 1654 ? A chaque tome, je me demande si il pourra encore explorer de nouveaux aspects de son monde à tiroir, et à chaque tome, il le fait spectaculairement. Dans ce tome, il s'attaque, dans le désordre, aux cavaliers de l'apocalypse, aux vieux moines pleins de sagesse, au temps qui passe, en passant par les musées inutiles. Et chacun de ces sujets mérite qu'on en parle, ce qui est malheureusement très difficile sans déflorer l'intrigue, habilement construite comme d'habitude.

Les cavaliers de l'apocalypse, donc, reprennent une cavalcade, ce qui est difficule pour ces représentations anthropomorphiques qui se sont habituées, semble-t-il, à leur humanité. Heureusement pour elles, le dernier n'est pas, je trouve, le moindre (je lui ai même trouvé une classe largement supérieure à la Pestilence, par exemple, ce qui n'a rien d'étonnant vu l'époque).

Suzanne Sto Hellit joue pleinement dans ce roman son rôle de voix de la raison froide, limite cynique, qui va quand même sauver tout le monde. En fait, elle a un rôle que je trouve bien plus marquant que dans Accros du roc Gros temps ou le Père Porcher Harry Potter, sans doute parce qu'elle y est définitivement plus adulte et consciente de sa place très particulière dans le Disque-Monde.

Il y a évidement un Igor qui se balade dans un coin, et qui ne manque pas de placer des répliques savoureuses dès qu'on lui laisse ouvrir la bouche.

Mais évidement, la gloire de ce roman, ce sont le balayeur et son apprenti. Des personnages qui montrent à quel point un vieux maître boudhisto-truc-bidule peut être, une fois muni de la dose suffisante d'humour et d'auto-dérision, absolument redoutable pour ceux qui l'entourent. Surtout que ce balayeur-ci est muni de la doctrine très particulière d'une demoiselle d'Ankh-Morpock ...

Bon, bien sûr, vous me direz que le Disque-Monde, je suis fan. C'est vrai.

Cela dit, j'ai trouvé à ce roman une saveur particulière. Peut-être à cause de ce moine boudhiste qui m'a légèrement rappelé celui du film avec Eddy Murphy : Gloden Child, l'enfant du Tibet. Parce que c'est pas tous les jours qu'on rencontre un bonze qui ne se prend clairement pas au sérieux, et qui préfère le balai à la baston. Peut-êtyre aussi que ce nouveau cavalier de l'apocalypse, parfaitement en phase avec notre époque, a réveillé un groupe tombant dans la routine. Peut-être enfin parce que les hommes en noir de ce récit sont parfaitement représentatifs de la bureaucratie. En tout cas, une chose est sûre, il rentre dans la liste des tous meilleurs tomes de cette série, longue, excellente, mais parfois plus excellente encore.