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je crois que je suis de plus en plus fan des aventures de Tiphaine Patraque. Le premier tome, qui nous la montrait déterminée à ramener son petit frère du pays des fées, était déja pas mal. Mais là, la voir partir dans les montagnes pour y faire son apprentissage de sorcière, c'est prodigieux.

Prodigieux parce qu'encore une fois, 1654 sait dynamiter avec talent tous les poncifs du genre pour en extraire la substantifique moëlle.

Ainsi, lors de sa première rencontre avec l'étrange (sous la forme d'une sorcière à deux corps vivant avec un esprit rangeur), Tiphaine n'est pas simplement ébahie (comme un Harry Potter le serait, par exemple). Non, elle pose des questions. Et des questions intelligentes qui plus est ! Enfin, pas juste intelligentes, mais réellement profondes - du moins c'est l'impression que ça m'a donné.

De la même manière, sa première rencontre avec un esprit "méchant" ne se passera pas si bien que ça - ce qui est une bonne chose. Sauf que, comme je l'ai dit, Pratchett est malin, et le méchant esprit est un élément révélateur de l'intrigue au lieu d'être simplement un méchant de l'histoire. Le méchant ? Eh bien c'est ça le meilleur ... il n'y en a pas d'autre que Tiphaine elle-même, qui lutte contre ses propres ambitions, ce en quoi, avouez-le, ce roman est sacrément subtil.

Subtil, sauf bien sûr en ce qui concerne les ch'tis homme slibres, qui font ce qu'ils peuvent (et c'est beaucoup) pour ramener un peu d'honnête brutalité dans cette histoire qui serait sinon bien trop subtile pour moi ... Enfin, non, juste subtile comme il faut pour me sortir de mon confort.

Du coup, c'est évidement un très bon bouquin, une lecture recommandée au-delà même des adeptes du Disque-Monde, qui n'y retrouveront "que" Mémé Cirredutemps (égale à elle-même en Clint Eastwood de la sorcellerie de campagne).