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Sur la planète Kibou-Daini, tromper la mort est un sport national. L'auditeur impérial, Miles Vorkosigan, ne peut rien contre cela, lui qui a joué avec sa vie des milliers de fois. Mais quand la Cryocorp, société de cryogénisation, décide d'étendre sa pratique à l'Empire Barrayaran, l'empereur ne le voit pas d'un très bon oeil et envoie Vorkosigan, son meilleur agent, pour contrer ce projet.

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Ah, le plaisir de retrouver le petit Lord Vorkosigan !

Personnellement, je ne m'en lasse jamais.

Encore moins quand le roman commence, comme c'est le cas ici, avec un Miles dépenaillé, errant dans le labyrinthe d'un immense centre de cryothérapie ... autrement dit (c'est l'auteur qui l'écrit) une cryocombe. Le mot est explicite.

Et la découverte de cette planète hantée par la mort au point de vouloir cryogéniser tout le monde a un côté un peu glaçant, surtout quand on découvre le système politique qui a émergé de cette société : les cryogénisés n'étant pas morts, leurs droits de votes sont remis par procuration aux entreprises leur fournissant la cryogénie. Et du coup, évidement, ces entreprises ont, de fait, le contrôle de la démocratie locale.

Et c'est pour ça, et d'autres raisons moins avouables, que Miles a été envoyé, dans son rôle d'auditeur impérial, se promener sur cette planète assez exotique pour le Barrayaran : Kibou-Daini, qui semble peuplée de peuples d'origine japonaise. On se donne du San, Sana, on porte la pantalon large et le gilet noué, on dort sur son futon. Mais ne vous y trompez pas, il s'agit d'une démocratie spatiale moderne (même si hantée comme je l'ai déjà dit par sa mortalité). Ca pourrait donner une intrigue un peu ... aride, si l'auteur n'avait pas son fameux talent.

En effet, Miles sera accompagné, cette fois, outre son garde du corps, d'un jeun fugueur qui redonnera à Miles ce qui lui donne à mes yeux tout son charme : ce côté gamin surexcité et à l'imagination sans limite, qui ne rêve de rien d'autre que de démonter tous les mystères qu'on jette sous ses yeux. Sans vouloir me jeter des fleurs, je me trouve une ressemblance avec ce personnage (le côté surexcité en moins). Bon et puis ce jeune Jin, par les yeux duquel on suivra certaines étapes de l'action, a ses propres tics et intérêts qui fournissent un oeil inattendu sur l'intrigue. C'est encore un des talents de l'auteur : savoir mettre en place une narration polyphonique qui apporte autre chose que de nous révéler les secrets de l'intrigue avant le héros. Et je la félicite pour ça.

Je la félicite d'ailleurs pour ce roman, dont l'épilogue assez triste m'a révélé une surprise : j'étais tombé sur la dernière page par hasard en feuilletant le livre, et j'avais juste eu le temps de lire la dernière phrase "Gregor prit sa place au milieu des porteurs". Bêtement, j'en avais conclu que c'était la fin définitive du moins héroïque super-héros de la littérature de SF. Et bien heureusement, j'ai été détrompé, et le prochain tome mettra le plus si jeune (il a MON âge dans ce roman, comme il avait mon âge quand j'ai lu pour la première fois L'apprentissage du guerrier) Vorkosigan dans de nouvelles situations inédites. Autant dire que j'ai hâte !