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Dans ce tome des aventures de Miles, on le trouve après sa désastreuse résurrection se livrant tout d'abord à des erreurs monumentales avant de se retrouver coincé dans une enquête dont il n'a pas voulu au sujet de la santé du chef de la SecImp : Simon Illyan.

Je crois que je plus ça va, plus j'apprécie de voir vieillir le petit amiral (devenu par la force des choses le petit auditeur). Enfin, ça n'est pas réellement exact. Ce que j'apprécie, c'est de voir avec quel talent l'auteur arrive à nous plonger dans la trop grosse tête de ce petit bonhomme.

Tenez, par exemple, dans ce récit, le thème central est évidement la mémoire : celle de Miles, qui disparaît à chacune de ses crises, mais aussi celle d'Illyan, qui sera férocement altérée par un collaborateur trop soucieux de servir. Et quand on sait (pour l'avoir vu dans tous les tomes précédents) quelle est la nature des relations entre ces deux personnages, et que Miles explique avec beaucoup d'emphase en présentant Illyan comme une espèce d'oncle adoptif, on comprend quelle importance a pour eux deux la conservation de leurs souvenirs communs.

C'est d'ailleurs (pour passer à un autre niveau du récit) que j'ai compris pourquoi 16094 s'était lancée dans la SF militariste : pour pouvoir mieux la tuer symboliquement dans ce tome précis. Parce que jusqu'à présent, même si Miles ne faisait pas que se battre (en cherchant bien, il ne doit y avoir que quatre tomes maximum où il combat effectivement pour la gloire de l'Imperium), il était avant tout un amiral mercenaire habilement déguisé en agent secret Barrayaran. Mais cette fois-ci, il est obligé de détruire le petit amiral, comprenant qu'il n'a plus sa place dans la vie de Miles, et qu'il y a d'autres choses plus intéressantes à faire que simplement jouer de l'arc à plasma. Et c'est ce qui donne, en un sens, plus de force à cette histoire : la profondeur à laquelle nous plongeons (les lecteurs) dans l'esprit de Miles nous permet de comprendre des choses qui (à mon sens) n'ont pas leur place dans une littérature guerrière.

Bref, c'est vraiment bien fichu, prenant d'une façon peu commune (j'imagine qu'à un moment donné l'auteur a intégré toutes les leçons des page-turners, mais a choisi de les camoufler si habilement que je n'ai pas vu une seule de ces ficelles), à une réserve près. J'ai l'impression que le traducteur a changé entre les tomes précédents et celui-ci. Un changement désagréable, puisque par exemple, cette fois-ci, Miles et Illyan se tutoient, alors que dans tous les tomes précédents, le vouvoiement est de rigueur. C'est juste une gêne du fan venant de tout relire d'un coup, mais c'est quand même désagréable.

Ca ne suffira pas à m'empêcher de vous recommander fermement la lecture de cette histoire passionnante, plongeant profondément dans les arcanes du pouvoir derrière le trône de l'empire Barrayaran.