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In the year 2054, students research the past by living in it. So when Kivrin Engle, a history student at Oxford, enters Brasenose College's time machine for transport back to 1320s England, no one anticipates any problems.

But her two-week project takes a frightening turn. A mutant virus has been spreading through Oxford, and Kivrin arrives in the past delirious with fever. She is found and taken to a manor house, and when she recovers, she can no longer locate the time machine rendezvous point.

As Kivrin struggles to adjust to a past that's not quite what she expected, a past where the Black Death is beginning to ravage a mystified, terrified population. With the only people who know where she's gone seriously ill themselves, will Kivrin ever find her way back to the future? Or has she become a permanent exile in a deadly time?

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Ce livre raconte les aventures (et mésaventures) d'une jeune historienne propulsée au moyen-âge grâce à une quelconque machine à voyager dans le temps, et de l'un de ses professeurs, qui tente de la ramener.

Cet épais roman nous narre donc dans deux époques différentes les aventures que vivent deux personnes différentes qui n'ont en commun que le fait d'être l'un le professeur de l'autre. Ce qui est étonnement bien fait dans ce livre, c'est la mise en parallèle qu'on peut trouver entre une époque médiévale et un futur proche d'une cinquantaine d'années. Car si la jeune Kivrin se débat dans un siècle au rythme lent (et encore plus du fait de l'hiver), son professeur doit, de son côté, compter avec des événements extérieurs qui sont liés à ce que vit son élève (difficile de ne pas dévoiler ici une des grandes lignes de l'intrigue).

Le moyen-âge, ainsi que le futur proche, sont tous deux décrits et présentés avec beaucoup de réalimse et de pertinence, qui montrent que, plus que de l'avoir étudié, l'auteur connaît les sujets qu'elle aborde et peut ainsi sans courir de risques nous présenter la structure sociale médiévale, ainsi que l'organisation de la vie dans un pauvre village perdu à quelques kilomètres d'Oxford (ce qui en hiver et à pied représente plusieurs heures de marche dans le froid). Et cette connaissance nous permet de nous immerger pleinement pour mieux savourer les péripéthies (car on ne peut pas vraiment parler d'aventures ici) de la jeune Kivrin, qui devra compter avec une femme noble belle mais triste, une belle-mère accariâtre et franchement détestable, et deux gamines tout à fait ... gamines.

D'un autre côté son professeur doit, lui, compter dès le départ avec une épidémie et permet surtout à l'auteur de démontrer que, contrairement à ce que certains pensent de la sf, les personnages peuvent également y être présentés très richement. Car on croit réellement à tous ces individus du futur : Gilchrist et son arrogance, Mary Ahrens en médecin dévouée à ses patients, le jeune Colin en gamin espiègle, ils sont tous crédibles et nous font bien prendre conscience de la faible différence qui existe entre les années 2050 et notre an 2003, là où la différence est beaucoup plus importante avec le moyen-âge.

C'est à mon avis de là que naît la principale richesse du roman : de la ifférence et de la confrontation que montre l'arrivée de cette historienne au moyen-âge, mais également de l'alternance de passages entre le moyen-âgfe et le futur proche.

Mais toute cette richesse ne serait que d'un bien piètre intérêt si l'auteur ne maniait pas en plus la plume avec un beau mépris pour ses personnages. car entre l'épidémie meurtrière du XXIème siècle et celle encore plus salement dégueulasse du XIVème, peu s'en tireront indemnes, tant physiquement que moralement. Et lorsque le dénouement arrive, même si certaines ficelles paraissent presque grosses, il n'existe rien de complètement illogique, ni aucune sorte de Deus Ex Machina. Bien sûr, les héros sont chanceux, mais lorsque l'ennemi est un fléau porté sur soi qui tue presque tout le monde, avoir un peu de chances pour s'en tirer à bon compte, ça n'est pas si mal.

En conclusion, voilà un roman très intéressant, qui plutôt que de se focaliser sur les paradoxes temporels préfère s'intéresser aux histoires, et à la rencontre des aïeux, qui ne ressemble en rien aux attentes d'un lecteur moyen, mais est pourtant envoûtante et très riche d'événements. Voilà donc un excellent livre, à lire rapidement, et dont la suite (Sans parler du chien) est également précédée d'une réputation fort flatteuse.