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Science-fiction, fantastique et fantasy...

Catherine Dufour aborde l'ensemble de ces domaines avec un égal bonheur et s'affirme ici comme une nouvelliste de tout premier plan. Au programme: des préfaces signées Richard Comballot et Brian Stableford, vingt récits dont sept inédits, une postface de Catherine Dufour, un entretien, une bibliographie exhaustive. L'Accroissement mathématique du plaisir, qui réunit vingt nouvelles dont "L'Immaculée conception", lauréate du Grand Prix de l'Imaginaire 2008, est son premier recueil.

Review

C'est le premier recueil de nouvelles que je lis de Catherine Du four, et évidement, je n'ai pas été déçu.

Tout le monde le sait pourtant, je préfère les romans de SF aux nouvelles, où je trouve que l'auteur a toujours beaucoup de mal à poser son univers et/ou son action, à cause évidement du manque de pages.

Pourtant, ce recueil-ci m'a scotché.

Est-ce que je fais la liste exhaustive des nouvelles avec (comme elle le fait en post-face, ce que j'ai trouvé parfaitement génial) un petit mot pour chacune ? Allez, je le fais ! En fait, je vais carrément recopier le sommaire (issu de la Noosfere : http://noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146566057)

1 - Richard COMBALLOT, Catherine Dufour, le talent au cube, pages 13 à 16, Préface, trad. Pierre-Paul DURASTANTI

Ben une préface quoi

2 - Brian STABLEFORD, Avant-propos, pages 19 à 23, Introduction

Et un avant-propos par un maître de la SF, qui jette évidement des lauriers au jeune auteur.

3 - Je ne suis pas une légende, pages 27 à 43

Tout de suite, ça part fort, avec ce que le titre nous dit évidement être un contrepoint de qualité au fameux Je suis une légende. La nouvelle est intéressante, mais la chute plutôt molle (peut-être parce qu'attendue).

4 - Le Sourire cruel des trois petits cochons, pages 45 à 59

J'ai bien aimé le début de celle-là, avec cette histoire de sortilège qui passe d'une main à une autre, pour atterir dans un cimetière. J'ai trouvé que ça en exaltait parfaitement l'esprit que j'aimerais y trouver. Mais la fin m'a apru un peu .... curieuse.

5 - L'Immaculée conception, pages 61 à 125

Rho.

La vache.

Alors là, celle-là, franchement, ça m'a scotché. J'ai failli aller demander pardon à ma femme pour les grossesses que je lui ai fait subir. Mais quelle horreur que cette chose. Remarquez bien, les hommes comme les femmes se doutent un peu qu'en fait, sous tout ce vernis maternant, la grossesse, c'est le parasitage le plus abject qui soit, pire même qu'Alien (parce que contrairement au monstre extra-terrestre, le monstre humain fait comme si on pouvait s'y attacher). Bref, géniale, du début à la fin.

6 - Vergiss mein nicht, pages 127 à 136

Ca c'était très "mignon" (dans une veine 848604, hein, mignon comme une tête de mort joliment plantée, quoi). Mais la toute fin expliquant la raison du truc m'a paru superflu. J'aurais préféré rester dans une ambiance fantastique plutôt que d'avoir droit à un truc à la men in black.

7 - La Lumière des elfes, pages 139 à 148

Très bonne nouvelle également, critiquant aussi bien le fameux milieu artistico-prout-prout parisien que le poncif qui dit que l'oeuvre ressemble à l'artiste. Cette nouvelle se torche avec ce foutu poncif, et j'en suis personnellement content.

8 - Rhume des foins, pages 151 à 158

Je n'ai pas forcément tout compris à ce qui semblait être une histoire de fantômes, sans pour autant que ce soit une mauvaise nouvelle. C'était simplement le genre de cas où je ne suis clairement pas le public pour cette oeuvre.

9 - Le Jardin de Charlith, pages 161 à 170

Rho.

J'ai bien cru que j'allais soit me pâmer, soit défaillir (vite, les sels), soit pénétrer violement le jardin et Charlith (ce ne sont évidement qu'une seule et même chose) pour en piétiner les roses (dans tous les sens du terme). J'ai eu l'impression d'une tension érotique terrible, un truc à s'en péter le frein, mais décrite avec tellement de métaphores si habilement filées qu'à la fin, je ne savais même plus pourquoi je m'excitais. Surtout au vu de la conclusion ... qui vient casser tout ce charme plus obscur que clair.

10 - Mater Clamorosum, pages 173 à 181

Brrrr

Terrifiante celle-là. Je ne sais pas où est ce pont, mais l'auteur oui, et c'est ça qui fait courir le frisson sur mon dos : la façon dont elle semble nous montrer précisément les traces de doigt dans le mortier.

11 - Confession d'un mort, pages 183 à 207

Alors là, si vous voulez du pastiche soigneusement alourdi dans chacun de ces traits de l'oeuvre d'5756, jetez-vous sur cette nouvelle qui vous fera respirer la brume nauséabonde d'un cimetière brumeux, dans lequel la tourbe ne peut que cacher les os poissés de sang de quelque vagabond ignomineusement massacré.

12 - Valaam, pages 209 à 221

Drôle de voyage dans une russie semble-t-il réaliste, qui m'a essentiellement permis d'imaginer la frêle lumière de la Baltique

13 - Le Cygne de Bukowski, pages 223 à 233

Sacré voyage chez l'inspirateur de Barfly. J'y ai retrouvé cette ambiance un peu déglinguée, pleine de bière éventée. J'y ai aussi ressenti, je ne sais pas, une espèce d'ambiance qui ressemble aux rares écrits de Chuck Palahniuk que je connaisse, enfin, je crois.

14 - Kurt Cobain contre Dr. No, pages 235 à 260

Pour celle -là, je regrette beaucoup de ne pas mieux connaître les people du rock, parce que j'ai bien senti que chaque personnage était un héros du rock.

15 - Une troll d'histoire, pages 263 à 275

Elle est jolie, cette histoire. Elle sort facilement de son inspiration méd-fan à deux balles pour se diriger, je sais pas, moi, vers des rivages à la Thomas le rimeur Thomas le Rimeur.

16 - La Perruque du juge, pages 277 à 289

Curieuse histoire. J'ai bien aimé le passage sur notre Peter Pan moderne, mais la mauvaise foi du juge m'a plus irrité qu'autre chose ...

17 - Le Poème au carré, pages 291 à 303

Je sais pas trop. Quand je l'ai lu, mes yeux se fermaient, mais je suis à peu près sûr que ça n'a pas de rapport avec la nouvelle.

18 - L'Accroissement mathématique du plaisir, pages 305 à 323

Sans aucun doute, à mes yeux du moins, la meilleure nouvelle du recueil. Elle a remué en moi l'esthète qui se baladait au Louvre, et qui écume toujours les musées. Elle m'a aussi rappelé le chef d'oeuvre inconnu de 228089, pour la simple raison que, dans les deux cas, il y était question de l'oeuvre absolue pour un contemplateur (qui n'a rien à voir avec la beauté que voit l'auteur). A chaque fois, évidement, le résultat est tragique. Et c'est tant mieux : ça me permet de me rappeler que l'art, le vrai, est forcément dangereux. Une oeuvre qui ne bouscule pas (pas par sa violence, hein, ça, c'est facile) n'en est pas une. Enfin, je crois.

19 - La Liste des souffrances autorisées, pages 325 à 348

Le titre est très beau, mais hélas mal trouvé, je trouve. cette nouvelle aurait peut-être pu s'appeler quelque chose comme ... L'esprit est un jouet pour le corps. Enfin, c'est ce qui m'a le plus frappé, dans cette nouvelle qui reprend un thème proche, mais traité au antipodes, de Glyphes, ce roman que j'ai récement terminé.

20 - L'Amour au temps de l'hormonothérapie génétique, pages 351 à 358

Typique de l'auteur, ça, non ? Ce mélange de génie, de pure perversion, et d'une espèce de mesquinerie glaçante. Ca m'a bien plu (même si je la connaissais déja par le défunt Utopod).

21 - Un Soleil fauve sur l'oreiller, pages 361 à 370

Une nouvelle d'ambiance. Comme dit le truc marketting "d'habitude j'aime pas, mais là, j'aime plutôt bien". Et sans aucune espèce de raison.

22 - Mémoires mortes, pages 373 à 403

Les murs sont bien minces entre la folie et le fantastique. Et évidement, cette pure sadique de Catherine s'est complu dans un mélange parfait - et pervers - entre fantastique et folie, tout en utilisant des thèmes qu'on retrouvera, dans l'autre sens, dans l'ivresse des providers.

23 - Bois de souche, pages 405 à 414

J'ai bien aimé cette postface forestière, qui montre quelques points de grain particuliers de ces oeuvres.

24 - Richard COMBALLOT, Un entretien avec Catherine Dufour, pages 417 à 437, Entretien

Cet entretien était absolument génial. A la fin, j'avais envie, comme Catherine, de devenir écrivain. Mais bon, je suis bien moins travailleur qu'elle.

25 - Alain SPRAUEL, Bibliographie, pages 439 à 443, Bibliographie

Alors là, je ne suis pas qualifié, mais ça avait l'air sérieux.

Donc, disons-le clairement, c'était un excellent recueil, sans aucun doute parce que je suis déja fan de cet excellent auteur. cela dit, lisez-le, c'est de la bonne littérature de l'imaginaire (dans l'ensemble, parce qu'il y a de tout : fantastique, sf, imaginaire, tout ça).